Poésie de la résistance

Lors de la seconde guerre mondiale (1939-1945), et plus particulièrement pendant l'occupation de la France par les Allemands, de nombreux Français se sont investis pour le retour de la Liberté.

 

Certains oeuvraient pour leur pays en faisant dérailler des trains ennemis, d'autres risquaient leur vie en abritant des juifs, d'autres encore utilisaient leurs talents de poètes.

 

On les appelle les poètes de la résistance.

La « poésie de la résistance », qu'est-ce que c'est ?

  • Définition

Au XXe siècle, de nombreux poètes en France écrivirent pendant l'occupation allemande des textes « engagés », c'est-à-dire qui disaient leurs convictions pour le bien de la collectivité.

 

Ces textes exprimaient leur amour de la liberté et de la vie, leur haine pour l'ennemi, leur admiration pour tous les résistants, leur douleur pour tous les déportés, fusillés et prisonniers...

 

En résumé, ces poètes engagés étaient à la fois des messagers de paix, de colère et d'espoir.

 

La « poésie de la résistance » regroupe donc tous les textes poétiques écrits par ceux, célèbres ou anonymes, qui luttèrent pour la Liberté de la France pendant la seconde guerre mondiale.

  • Poètes ET résistants

Il faut remarquer que certains de ces poètes étaient également, en plus, acteurs actifs de la résistance, prenant les armes concrètement.

 

Voyons deux exemples parmi tant d'autres.

René Char

René Char était un célèbre poète.

 

Il devint chef départemental d'un réseau de résistants dans les Basses-Alpes.

 

Son pseudonyme de résistant était « Capitaine Alexandre ».

 

Durant son activité de résistance, il écrivit une sorte de journal poétique qu'il publia après la guerre sous le nom de Feuillets d'Hypnos.

Robert Desnos

Le poète Robert Desnos a écrit lui aussi des poèmes engagés.

 

En parallèle, il était également membre du réseau de résistance « Agir » et fabriquait des faux papiers pour des résistants et des juifs.

 

Arrêté et déporté, il mourut au camp de Terezin, en République tchèque, en 1945.

Succès du genre poétique

La poésie a deux atouts majeurs par rapport au roman ou au théâtre : le langage poétique et la brièveté des textes.

  • Le langage poétique

Le langage poétique permet de jouer avec les mots, de créer des images fortes, saisissantes, qui sauront bien traduire les sentiments personnels et collectifs ressentis en cette terrible période.

 

De plus, le rythme poétique, la longueur des vers, les anaphores ou répétitions, les effets de sonorité, tout ceci participe à une efficace diffusion du message.

 

En effet, comme une chanson, le poème pourra être facilement repris, mémorisé, savouré, récité et scandé pour se donner du courage.

  • La force de la brièveté

Le texte poétique est assez bref. Il peut donc être rapidement recopié, ou même appris par coeur en peu de temps, ce qui permet de ne pas l'avoir sur soi en cas de contrôle ou de fouilles.

 

Les besoins pour l'imprimer sont aussi réduits, ce qui n'est pas une donnée négligeable dans une période de restrictions.

 

Ceci constitue également un atout considérable dans le cadre d'une impression clandestine et d'une diffusion en masse.

 

C'est comme cela que les poèmes se retrouvent imprimés sous forme de tracts.

 

Certains sont même parfois parachutés dans des caisses, avec les fusils et autre matériel, dans les maquis français par les avions de la RAF (Royal Air Force), armée de l'air britannique !

Organisation de la poésie clandestine

  • Zone libre, zone occupée

Dès 1940, les Allemands interdisent en zone occupée certains livres ainsi que les revues littéraires (sauf la NRF de Gallimard).

 

Les activités littéraires doivent donc s'établir en zone libre, où la censure est moins sévère.

  • Le mot Résistance

En zone occupée, le premier mouvement de résistance française, appelé « le réseau du musée de l'homme », crée un journal clandestin et le nomme « Résistance ».

 

C'est précisément ce mot que reprendront tous ceux qui luttent contre le nazisme et le régime de Vichy.

 

Précisons que ce mot fait directement référence à une inscription qu'une prisonnière protestante avait gravée sur les murs de son cachot pendant l'oppression des protestants par les catholiques au XVIe siècle en France.

 

Justement, certains membres de ce « réseau du musée de l'homme » étaient protestants. D'où cette idée.

  • Dès 1941, des éditions clandestines

En 1941, les Allemands démantèlent le réseau « du musée de l'homme » mais des éditions clandestines se mettent bientôt en place.

Le Silence de la mer

En 1942, Les Editions de Minuit publient ainsi leur premier livre, une nouvelle : Le Silence de la mer.

 

Elle est signée de « Vercors », pseudonyme de Jean Bruller.

 

Le livre circule sous le manteau et a beaucoup de succès.

L'engagement de Paul Éluard

En 1942 également, Paul Eluard, célèbre poète surréaliste et poète résistant, publie de façon semi-clandestine un recueil poétique intitulé Poésie et vérité.

 

L'un des poèmes est Liberté.

 

Imprimé sur des tracts, il est diffusé en masse puisqu'il est parachuté par la RAF en des milliers d'exemplaires, dans des caisses avec des armes, dans le maquis français.

 

En juillet 1943, les Editions de Minuit font ensuite paraître L'honneur des poètes, un recueil poétique de différents poètes engagés qui ont pris des pseudonymes pour ne pas être reconnus. C'est Paul Eluard qui rédige la préface de ce recueil, même s'il ne la signe pas.

Jusqu'à la Libération

D'autres poèmes engagés continuent ensuite de paraître pendant ces années 1943 – 1945, toujours dans la clandestinité.

 

 

Dernière relecture de cet article : 30/04/2021

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