Argumentation : vocabulaire de base

 

L’argumentation est une notion importante qui fait partie de notre vie quotidienne. Elle est étudiée au collège et au lycée.

 

Argumenter, c’est défendre un avis. Cela suppose un sujet de discussion, un avis et des arguments pour le défendre.

 

Voyons ci-dessous un petit dialogue entre un adolescent et l’un de ses parents :

 

- J’aimerais un nouveau portable.

- Non, ça coûte trop cher et tu n’en as pas besoin. Tu en as déjà un qui fonctionne très bien.

 

Identification du vocabulaire de l’argumentation, d’après ce petit exemple :

 

Le sujet de la discussion est le portable, plus précisément l’achat d’un nouveau portable. Le parent a une opinion, qu’il défend. Il ne veut pas acheter un nouveau portable. Ses arguments sont au nombre de deux. Le premier argument concerne le coût. L’achat d’un nouveau portable représenterait une somme trop importante pour son budget. Le second argument concerne l’utilité. L’achat d’un nouveau portable n’est pas une nécessité.

 

Vocabulaire essentiel à connaître : ARGUMENTER, THÈME, THÈSE, ARGUMENT, EXEMPLE

 

ARGUMENTER, c’est avoir un avis à propos d’un sujet et défendre cet avis.

 

Le sujet est appelé THÈME. C’est ce dont on parle.

 

L’AVIS qu’on a à propos de ce thème est appelé l’OPINION ou bien le POINT DE VUE ou encore la THÈSE. C’est cette thèse, cet avis, qu’on défend en argumentant.

 

Les ARGUMENTS sont les idées qu’on avance pour défendre sa thèse.

 

Les EXEMPLES correspondent aux faits et aux situations très précises qu’on rapporte pour renforcer ou illustrer ses ARGUMENTS.

 

Suite du vocabulaire à connaître : CONVAINCRE et PERSUADER

 

Pour défendre un avis et obtenir une adhésion de la part de son interlocuteur, on essaie de le convaincre, de le persuader qu’on a raison. Dans le langage de tous les jours, les deux verbes s’utilisent de façon identique, comme deux synonymes. En cours de français, on distingue pourtant une nuance importante entre ces deux mots.

 

Ainsi CONVAINCRE, c'est argumenter en avançant des arguments logiques. PERSUADER, c'est argumenter en avançant des arguments affectifs.

 

Quand on cherche à emporter l’adhésion de l’interlocuteur, on peut le convaincre en faisant appel à sa capacité de raisonnement mais on peut aussi le persuader en faisant appel à ses sentiments.

 

Exemple pour mieux comprendre la différence entre CONVAINCRE et PERSUADER

Ces deux plans sont souvent utilisés en publicité. La publicité va chercher à la fois à nous convaincre d’acheter un nouveau produit, en faisant appel à notre raison, à notre logique, et va aussi jouer sur la persuasion. C’est ainsi que la liste des avantages techniques de tel nouveau téléphone portable va nous CONVAINCRE car les avantages techniques sont indiscutables, ils font appel à notre logique. En revanche, le côté plaisant de la publicité, le cadre idyllique dans lequel est tournée la publicité pour ce nouveau portable, la musique, le charme des acteurs, la petite touche d’humour, tout ceci sert à parler à notre cœur, à nos sentiments, sans faire appel à la logique. Ces effets servent à nous PERSUADER d’acheter ce nouveau téléphone portable en créant une ambiance.

 

Qu’est-ce qu’un « genre argumentatif » ?

 

Un genre est une catégorie. « Argumentatif » veut dire « qui défend un avis », qui relève de l’argumentation. Un genre argumentatif désigne ce qui a pour but principal de défendre un avis.

 

Le terme « genre argumentatif » s’applique autant pour une expression à l’écrit qu’une expression à l’oral. Un débat qui se fait à l’oral est un genre argumentatif. Le but principal concerne l’argumentation. Une fable de La Fontaine, qui est un texte écrit, est également un genre argumentatif. Le but principal concerne aussi l’argumentation, il s'agit de nous transmettre une leçon, un enseignement moral.

 

Quels sont les genres argumentatifs ?

 

Que ce soit à l’oral ou à l’écrit, il existe des genres argumentatifs sérieux et d’autres amusants. En cours de français, on sépare les genres sérieux, qu’on appelle « discours », des genres un peu amusants, qui passent par une petite histoire inventée, qu’on appelle « apologues ».

 

Il y a donc d’un côté l’argumentation qui se fait par un DISCOURS, catégorie dans laquelle on classe des productions écrites et orales, qui défendent un avis de façon directe, sans passer par une petite histoire. Ce sont les discours politiques, les essais économiques, les traités, les manifestes littéraires, etc.

 

Il y a d’un autre côté l’argumentation qui se fait de façon indirecte, à travers la fiction, à savoir une petite histoire. Ce sont les APOLOGUES. Dans cette catégorie, on classe les contes philosophiques, les fables, les sketchs qui délivrent une morale, les publicités, les affiches de propagande, etc.

 

Remarque : un texte peut être argumentatif sans pour autant être d’un genre argumentatif !

À chaque fois qu’un passage d’un roman ou d’une pièce de théâtre défend une idée à l’aide d’arguments, on peut qualifier ce passage d’argumentatif. Cela ne signifie pas pour autant que l’œuvre entière défend une thèse ! Il ne faut donc pas confondre un texte argumentatif et un genre argumentatif. Les romans argumentatifs sont rares ; pourtant la plupart des romans mettent en scène des personnages qui, à un moment de l’histoire, vont être amenés à défendre leurs opinions dans des échanges argumentés. En revanche, une fable sert forcément à délivrer une morale, qu’elle soit clairement exprimée ou non. La fable est donc un genre argumentatif. C’est le cas également du discours ou du conte philosophique.

 

Suite du vocabulaire à connaître

 

EXPLICITE

Est explicite ce qui est clairement exprimé. Par exemple dans une fable, quand la morale est formulée par l’auteur dans quelques vers, en début ou en fin de fable, on dit que cette morale est explicite. Le lecteur n’a qu’à lire cette morale pour comprendre la thèse du fabuliste.

 

IMPLICITE

Est implicite ce qui n’est pas clairement exprimé. Il existe par exemple des contes ou des fables qui délivrent un message, une morale, mais sans les formuler clairement. On dit que cette morale est implicite. La thèse de l’auteur est donc à deviner ou du moins à construire par le lecteur d’après l’interprétation qu’il peut faire du texte.

 

DÉNONCER

Dénoncer, c’est s’opposer à un phénomène. Cela veut dire que l’auteur constate une réalité, ne l’approuve pas et veut interpeler le lecteur afin que ce phénomène n’existe plus. Exemples : dénoncer les horreurs de la guerre, dénoncer l’injustice, dénoncer l’esclavage, dénoncer les discriminations, dénoncer le travail des enfants, dénoncer les défauts des hommes, dénoncer l’avarice, dénoncer l’égoïsme, etc.

 

DÉFENDRE

Défendre, c’est aller dans le sens d’une idée. Cela signifie que l’auteur possède une opinion, l’expose et veut interpeler le lecteur pour emporter son adhésion. Exemples : défendre l’égalité entre les hommes et les femmes, défendre la liberté, défendre la justice, défendre le droit à l’éducation, etc.

 

DÉLIBÉRER

Délibérer, c’est peser le pour et le contre en vue d'une décision à prendre. La délibération s'appuie sur la réflexion après argumentation.

 

UN ÉLOGE

Un éloge vante les mérites et avantages d'une situation, d'un objet ou d'une personne. (Remarque : le mot est bien masculin "un éloge")

 

UN BLÂME

Un blâme insiste sur les défauts d’une situation, d’un objet ou d’une personne. C'est le contraire de l'éloge.