Un fil à la patte (Georges Feydeau, 1894)

Genre : Pièce de théâtre (vaudeville), pour adultes (peut se lire au lycée)

Résumé de l'intrigue : Lucette Gautier est très contente : elle a retrouvé son amant, monsieur de Bois-d'Enghien. Pourtant, si cet homme respectable est revenu, ce n'est que pour rompre car il s'apprête à se marier ! Mais comment annoncer cela à Lucette, femme frivole, expansive et si jolie ? D'autant qu'elle a justement été engagée par la belle-mère pour chanter au mariage...

Sélection de personnages importants (dans la pièce, il en existe d'autres, accompagnés de nombreux rôles secondaires) :

- La chanteuse Lucette Gautier. C'est la femme légère du XIXe siècle. A la fois séduisante, vénale et agaçante, elle occupe le rôle principal de la pièce, chante, s'exclame, menace, supplie, s'enflamme...

- Monsieur Fernand de Bois-d'Enghien. Il incarne la lâcheté masculine, l'homme aisé qui s'amuse avec Lucette mais en épouse une autre, bien plus honorable, pour sauvegarder son statut social. Naturellement, il n'hésite pas à mentir à tour de bras.

- Le général Irrigua. Très riche et amoureux de Lucette, il possède un accent fort et un tempérament explosif qui l'invite à vouloir provoquer en duel tous ses rivaux potentiels.

- Bouzin. Piètre parolier, ce personnage est souvent la victime de situations qu'il ne maîtrise pas. Au centre de quiproquos ou d'actions embarrassantes, il est ridicule tout au long de la pièce.

Structure et forme : Trois actes, partagés en scènes. De très nombreuses didascalies. Des parties chantées. Des jeux sur les accents étrangers. Tous les procédés comiques du théâtre.

Notre avis : Très bien s'il s'agit de comprendre ce qu'est un vaudeville. Les portes claquent, on s'agite, on s'emporte et l'intrigue est extrêmement mince. L'ensemble représente un théâtre très bourgeois qui a bien entendu considérablement vieilli. Toutes les ficelles sont évidentes, le spectateur n'est surpris de rien et ne rit pas toujours... Cependant la frivolité de Lucette, la lâcheté de Bois-d'Enghien et la maladresse de Bouzin correspondent à des « types », des caractères atemporels, qu'on peut apprécier voir en scène. Un incontournable de Feydeau.