L'insoutenable légèreté de l'être (Milan Kundera, 1984)

Traduit du tchèque par François Kérel, édition revue par l'auteur.

Genre : Roman à tonalité philosophique, pour adultes.

Aperçu : Comment séparer l'âme et le corps ? Pourquoi et comment être fidèle ? Qu'est-ce qu'être un intellectuel ? La société est-elle « kitsch » ? Comment survivre à l'invasion de son pays par les chars russes quand on est tchèque ? A travers quelques personnages de son roman, Milan Kundera tente de répondre à ces questions...

Notre avis : Moyen. Ce roman porte indéniablement les marques de son époque. Le libertinage sexuel dont fait preuve Tomas dans le roman paraît par exemple déplacé. Et quand l'auteur parle d' « érotisme », on pense plutôt à une obsession quasi pathologique et un peu ridicule, voire franchement insensée s'agissant de rapports non protégés. Cette époque des années 1980 où il était inconvenant d'être fidèle à sa femme ou de ne pas faire l'amour en pleine lumière sous peine d'être taxé de puritain, paraît aujourd'hui bien éloignée de nous... tout comme l'importance de l'« intellectuel engagé » ou encore les « pellicules photographiques ». On ne sait que penser non plus des réflexions philosophiques parsemées dans l'ouvrage, hésitant entre réelle érudition et démagogie populaire ni du choix de certains sujets comme... la merde des personnages ! Ce qui était novateur et audacieux semble avoir bien vieilli et c'est vraiment dommage. L'ouvrage reste toutefois intéressant en tant que témoignage d'un siècle révolu ; on retiendra également un autre élément positif de taille : l'écriture de Milan Kundera, agréable à lire, avec un auteur s'exposant explicitement dans son livre à la manière d'un Diderot, bousculant les codes du roman et perturbant habilement la linéarité de l'histoire.