Les yeux dans les arbres (Barbara Kingsolver, 1998)

(Titre original : The Poisonwood Bible)

 

Traduit de l'américain par Guillemette Belleteste.

 

 

Genre : Saga exotique, roman biographique et psychologique, pour adultes (peut se lire dès le lycée)

 

Aperçu : Orleanna la mère, Rachel aux cheveux blonds, Leah et Adah les vraies jumelles aux physiques si différents, Ruth May la plus jeune, toutes sont les femmes Price, la mère et les quatre filles, et toutes racontent à leur manière ce qu’elles ont vécu en Afrique. Américaines, elles ont débarqué au Congo sans savoir à quoi s’attendre, sans même donner leur avis car il n’est pas question de contester l’autorité de notre Père, ainsi que l’appellent ses propres filles, à savoir le nommé Nathan par son épouse. Cet homme pétri de bonnes intentions n’a que faire des remarques des unes et des autres et encore moins des habitants du pays : il est là pour les sauver, point final, au nom de Dieu.

 

Notre avis : Très bien. COUP DE COEUR. Cette fresque se développe sur plus de 650 pages et se lit presque d’une traite tant l’histoire, le style et la finesse du tableau psychologique des personnages vous emportent. Les différents points de vue alternent et donnent une vision détaillée de l’ensemble sans jamais tomber dans la facilité narrative. Le regard est juste, sans concession. Au lecteur ensuite de se forger sa propre opinion. On ressort de cette aventure comme après un grand film, un peu sonné et avec l’étrange sensation de connaître l’Afrique, même si on n’y a jamais mis les pieds. Le roman est une saga qui s’étale sur une quarantaine d’années et qui est fortement documentée au niveau linguistique et historique, rapportant la période où le Congo devient indépendant. La critique sociale est très présente, le colonialisme et les excès des missionnaires religieux fortement mis à mal. Pourtant ces aspects-là paraissent presque secondaires, tant le texte, souvent poétique et toujours riche en rebondissements, vient fouiller les relations familiales et les liens humains. En un mot, une très grande œuvre !