Les figures de style

Une figure de style est un procédé d'écriture qui vise à produire un effet.

 

Belle et fraîche comme une rose...

 

Vous trouverez ci-après les figures de style les plus couramment employées.

 

Les figures de style à connaître parfaitement dès le collège sont la COMPARAISON, la MÉTAPHORE, la PERSONNIFICATION, l'ANAPHORE et l'ÉNUMÉRATION.

 

La comparaison : est une figure de style qui consiste à comparer deux éléments, à les rapprocher à cause d'un point commun. Le rapprochement s'effectue grâce à un mot-outil de comparaison : « comme », « tel », « sembler », « pareil à »... L'élément qu'on voit réellement est le comparé. L'élément qu'on imagine en voyant ce comparé est le comparant.
Exemple : « Ce garçon timide est rouge comme une tomate ».
Cela signifie que le garçon rougit. La couleur rappelle celle de la tomate ; d'où la comparaison établie.
Dans cet exemple, le garçon timide et tout rouge est le « comparé ». La tomate est le « comparant ». L'outil de comparaison est « comme ».

 

La métaphore : il s'agit d'une comparaison entre deux éléments mais sans mot-outil. On parle donc d'assimilation. Un élément est assimilé à un autre. Notons au passage que la métaphore est souvent plus frappante que la comparaison.
Exemple : «  Ma parole, ce garçon est une vraie tomate ! »
En voyant le garçon timide et tout rouge, on pense tout de suite à une tomate, de la même couleur. Pourtant la comparaison n'est pas explicitement indiquée. On assimile les deux éléments (le garçon et la tomate). On les associe. C'est donc bien une métaphore.

 

La personnification : c'est la représentation d'une chose ou d'un animal sous une forme humaine. En vérité, c'est un cas particulier de métaphore.
Exemple : « Le temps a laissé son manteau / De vent, de froidure et de pluie » (Le Printemps – Charles d'Orléans, XVe siècle)
Ici on parle du temps comme d'une personne qui peut porter un manteau. C'est une personnification du temps.

 

L'anaphore : est une figure de style qui consiste à répéter un mot ou un groupe de mots en tête de phrase, de vers, de strophe, de chapitre... L'anaphore permet d'insister sur ce mot ou groupe de mots et de le mettre en valeur.
 

Exemple : "Ce bras qu'avec respect toute l'Espagne admire, / Ce bras qui tant de fois a sauvé cet empire..." (Le Cid – Corneille, XVIIe siècle)
La répétition de « Ce bras » en début de deux vers successifs est une anaphore. Elle sert à créer une attente chez le lecteur ou spectateur, qui se demande quelle information on va donner sur « Ce bras ». Ici, l'anaphore sert aussi à donner de la majesté aux propos tenus.

 

L'énumération, appelée également accumulation : il s'agit de la juxtaposition de mots séparés par des virgules. Cela accélère le rythme, crée le suspense ou souligne l'abondance.
Exemple : "Adieu veaux, vaches, cochons, couvées." (La Fontaine, Fables)
Le groupe de mots « veaux, vaches, cochons, couvées » est une suite qui crée un effet de liste. Cette énumération insiste sur la grande quantité de choses auxquelles il faut désormais dire « adieu ».

 

Les autres figures de style qu'on peut apprendre et qu'on rencontre fréquemment sont données ci-dessous.

 

Le parallélisme de construction : est la répétition de la même construction dans deux phrases ou deux propositions.
Exemple : « (...) cria-t-elle en lui jetant une pierre; (...) hurla-t-il en se précipitant vers lui. »
La structure de la phrase est semblable dans les deux cas. Les verbes « crier » et « hurler », l'ordre des mots avec le verbe en premier et le sujet ensuite, la présence des gérondifs « en jetant » et « en se précipitant » : tout indique que les propositions sont construites de la même manière. Il y a donc un parallélisme de construction.

 

La métonymie : il s'agit d'une catégorie particulière de métaphore où l'on nomme une partie de quelque chose pour désigner en fait cette chose en entier.
Exemple : « les voiles au loin descendant vers Harfleur » (Demain dès l'aube... – Victor Hugo, XIXe siècle)
Ici « les voiles » désignent les bateaux. Une partie du bateau désigne donc le bateau dans son ensemble.
Autre exemple : « Boire un verre ».
Bien sûr, personne ne boit un verre ! On boit la boisson contenue dans ce verre.

 

L'allégorie : est la représentation concrète d'une idée, d'une notion abstraite. On utilise un être vivant, un personnage ou une chose pour représenter une idée.
Exemple : l'idée de la mort est souvent représentée de façon concrète par un squelette armé d'une faux. Ce squelette armé d'une faux sera alors désigné comme étant « une allégorie de la mort ».

 

L'antithèse : présente deux mots ou expressions qui s'opposent. Contrairement à l'oxymore, elle ne les associe pas dans un même ensemble.
Exemple : « Ver de terre amoureux d'une étoile » (Victor Hugo, XIXe siècle).
Un ver de terre vit sous la terre, tout en bas, alors qu'une étoile se situe dans le ciel, tout en haut. Le ver de terre et l'étoile vivent donc dans deux univers différents. On constate donc une antithèse dans ces deux notions.

 

L'oxymore : est le rapprochement de deux termes normalement antithétiques, opposés, et pourtant présents dans un même groupe nominal ou même dans un même mot.
Exemple : « le noir soleil de la mélancolie »
Il est surprenant et même illogique d'associer l'adjectif « noir », qui implique l'obscurité, au nom « soleil » qui évoque la lumière. Étant donné que l'obscurité et la lumière s'opposent, l'association « noir soleil » est une oxymore.
Autre exemple ; « un mort-vivant »
L'association de mort et de vie étant impossible, le mot « mort-vivant » est fondé sur une oxymore.

 

Le chiasme : est une figure de style qui consiste à croiser sur deux vers successifs les éléments qui débutent et qui terminent ces deux vers. Ainsi l'élément qui débute le premier vers annonce l'élément qui ferme le deuxième vers. De même, l'élément qui termine le premier vers rappelle l'élément qui commence le deuxième vers.
Exemple :
« Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens
Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière. » (Victor Hugo, XIXe siècle)
Le premier vers débute par la « flamme », évoquant la luminosité. Cette idée est reprise ensuite en fin de deuxième vers avec le mot « lumière », qui évoque aussi la luminosité.
Le premier vers se termine par les « yeux des jeunes gens » qui évoquent le regard et la jeunesse. Cette idée est reprise ensuite par le regard encore, dans « l'oeil », et la notion opposée à la jeunesse, la vieillesse, dans le deuxième vers.
Sur ces deux vers, on peut donc tracer une sorte de croix pour relier « on voit de la flamme » à « on voit de la lumière » et « aux yeux des jeunes gens » à « dans l'oeil du vieillard ». Cette figure de style s'appelle un chiasme.

 

L'antiphrase : est une figure de style qui dit le strict contraire de ce qu'on pense.
Exemple : « Ah, quel beau temps ! », alors qu'il pleut, pour signifier « Ah ! Quel temps exécrable ! ».
A noter que l'ironie se base souvent sur l'antiphrase.

 

L'hyperbole : est une façon de parler très exagérée et même irréaliste.
Exemple : « J'étais mort de rire ! »
Si on avait été vraiment mort de rire, on ne serait plus là pour le raconter ! L'expression « mort de rire » est donc bien une exagération irréaliste. C'est une hyperbole.

 

L'euphémisme : correspond au choix d'un terme plus faible que celui qu'on devrait normalement employer. Souvent le but est de ne pas choquer l'interlocuteur.
Exemple : "Il nous a quittés" pour dire "Il est mort".
Autre exemple : "Les non-voyants" pour désigner "les aveugles".

 

La litote : comme pour l'euphémisme, on emploie un mot moins fort que celui qu'on devrait employer. Pourtant cette fois le but est de faire comprendre qu'on pourrait en dire beaucoup plus.
Exemple : « Cette fille n'est pas trop mal... » pour dire « Cette fille est vraiment très belle ; elle est superbe ! ».

 

La périphrase : est un ensemble de mots utilisé pour parler d'une notion qu'on pourrait désigner de manière plus simple ou plus rapide. Ainsi on évite de dire un mot, par exemple par tact ou diplomatie, ou bien on évite la lourdeur d'une répétition.
Exemple : « Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom » pour désigner « Voldemort » dans la série Harry Potter.
Autre exemple : « J'ai rendez-vous avec l'objet de mes voeux les plus chers » pour dire « J'ai rendez-vous avec ma fiancée ».