Le symbolisme

Qu'est-ce que le symbolisme ?

Le symbolisme désigne un mouvement littéraire et culturel de la fin du XIXe siècle.

Après le romantisme, deux voies en effet se dessinent : soit celle du réalisme voire du naturalisme ; soit celle du symbolisme. Ainsi, tandis que des artistes s'éloignent du romantisme pour décrire le réel sans concession, d'autres font un choix opposé et cherchent à se détacher davantage de la réalité.

Comment naît le symbolisme ?

Ce mouvement du symbolisme est amorcé par un autre mouvement : le Parnasse dont fait par exemple partie Théophile Gautier.

Le mot « Parnasse » fait référence à la montagne mythologique d'Apollon, dieu des arts.

Pour les Parnassiens, il s'agit justement de défendre « l'art pour l'art », c'est-à-dire un art concentré sur le beau et le raffinement, en dehors de toute dénonciation sociale ou message engagé, quitte à devenir un artiste maudit par le commun des mortels, incompris du reste de la société.

La démarche se rapproche alors de celle des classiques du XVIIe siècle avec l'exigence d'un travail parfait soumis à des contraintes difficiles et permettant la création d'un produit ciselé. Pourtant ces artistes ne s'orientent pas vers un néo-classicisme et ont souvent un goût marqué pour la décadence.

Le recueil de poésie Les Fleurs du Mal de Baudelaire, paru en 1857 et condamné lors d'un procès, s'inscrit dans cet état d'esprit, de même que plus tard les poèmes de Verlaine et de Rimbaud. Tous trois seront d'ailleurs considérés comme des marginaux par la société de leur époque.

En 1886 le poète Jean Moréas théorise ensuite le « symbolisme », s'inspirant des « forêts de symboles » évoquées par Baudelaire dans son poème Correspondances paru dans Les Fleurs du Mal (1857):

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

Selon Moréas « la poésie symboliste cherche à vêtir l'idée d'une forme sensible ». Elle fait ainsi une fusion entre l'aspect ésotérique (= de sens caché) du romantisme et l'approche esthétique de « l'art pour l'art ».

Quelles sont les caractéristiques du symbolisme ?

Les créations symbolistes sont mystérieuses. Reliant réalité et monde des idées, elles interrogent la complexité de l'existence et de l'âme humaine.

Des peintures de Gustave Moreau comme Orphée ou Jeune fille thrace portant la tête d'Orphée (1865) ou bien encore sa Salomé dansant exécutée en 1876 présentent ainsi un caractère énigmatique ainsi qu'une atmosphère irréelle. Gustav Klimt, peintre autrichien, fait de même et poursuit dans cette voie, par exemple avec son célèbre Baiser en 1906.