La controverse de Valladolid (Jean-Claude Carrière, 1992)

 

Genre : Roman historique, pour adultes (peut se lire dès la 4ème)

 

Aperçu : Les Espagnols ont conquis l'Amérique, plus précisément le Mexique. Ils ont dressé des cathédrales, ils exploitent les Indiens et les tuent. Tout ceci, bien entendu, au nom de l'évangélisation de ces terres indigènes oubliées de Dieu. Pourtant on s'interroge. Et si finalement ces Indiens étaient humains ? Et s'ils avaient une âme ? On ne pourrait alors plus les réduire en esclavage... Pour décider de ces questions, un débat est organisé en 1550 par l'Église de Rome et sur demande du roi, devant une commission de théologiens au nord de l'Espagne, en la ville de Valladolid. Cette grande « dispute », car c'est ainsi que ce type de débat se nomme, oppose Gines de Sepulveda et le père Bartolomé de Las Casas. L'un a écrit un livre et demande le droit de le publier. Expert en rhétorique, il affirme que tout peut justifier une guerre religieuse et que les indigènes peuvent être massacrés. L'autre, Las Casas, veut prendre la défense des Indiens et pensent qu'ils sont réellement semblables aux Espagnols, qu'ils sont aussi humains qu'eux. Qui gagnera à l'issue de ce débat ? Quels arguments vont-ils chacun avancer ?

 

Notre avis : Très bien. Le roman offre une réflexion très intéressante sur l'esprit européen du 16e siècle et la question religieuse, permettant une sorte de voyage dans le temps, précieuse et originale. C'est aussi l'occasion, évidemment, d'élargir le propos et de réfléchir aux notions de tolérance, d'intolérance, de force argumentative, de puissance des rumeurs, d'importance des préjugés, etc, en résumé des thèmes d'actualité. Seul bémol : le roman, dominé par le dialogue et rédigé en une langue très simple pour être facile d'accès, montre ainsi des qualités littéraires réduites, se concentrant sur les idées échangées et la structure de l'argumentation. À noter enfin qu'une version cinématographique existe, sur un scénario du même auteur et réalisée par Jean-Daniel Verhaeghe.