Jean de La Fontaine

 

Eléments biographiques

Jean de La Fontaine est né en 1621 et est mort en 1695. Il appartient donc au XVIIe siècle. Grand bourgeois, il portait une particule de noblesse. Il reprit la charge paternelle de maître des eaux et des forêts. Son premier protecteur fut Nicolas Fouquet qui était surintendant des finances et qui fut arrêté en 1661 peu de temps après la fin de la construction de son superbe château, Vaulx-le-Vicomte. Parmi les amis écrivains de La Fontaine, on peut citer Molière, Racine et Mme de Sévigné. La postérité a retenu de La Fontaine ses Fables, dont le premier recueil parut en 1668, le deuxième en 1678 et le dernier en 1693.

Contexte historique et culturel

A la naissance de La Fontaine, le roi au pouvoir en France était Louis XIII. Il mourut en 1643. Après onze ans de régence, le roi Louis XIV lui succéda en 1654. A l'époque de La Fontaine, il est de bon ton d'imiter les Anciens, c'est-à-dire les auteurs grecs et latins qu'on considère comme des modèles. Le but de toute oeuvre littéraire doit être double : plaire et instruire.

Les Fables

Elles relèvent à la fois du récit, de la poésie et de l'argumentation. Elles associent ainsi souvent le registre comique et le registre didactique ainsi que d'autres registres. Dans le respect de l'esprit classique du XVIIe siècle, les Fables plaisent et instruisent « l'honnête homme » en montrant notamment le ridicule de ceux qui se livrent aux passions plutôt qu'à la raison.

La démarche de La Fontaine dans ses Fables

La Fontaine se réclame d'Esope, fabuliste grec antique dont il a lu les traductions en latin effectuées par le fabuliste latin Phèdre. Lors de la parution du deuxième recueil, dix ans après, La Fontaine déclare s'être inspiré cette fois de Pilpay, qui était un sage indien.

Quelques citations de La Fontaine à connaître absolument

« Je me sers d'animaux pour instruire les hommes. » (A monseigneur le dauphin – Fables, 1678)
« Le corps est la fable ; l'âme, la moralité. » (préface aux Fables, 1668)
« Le monde est vieux, dit-on : je le crois ; cependant / Il le faut amuser encor comme un enfant. » (Le pouvoir des fables – Fables, 1678)

 

 

COMPLÉMENT DE COURS

Extrait de la préface rédigée par La Fontaine pour la parution de ses Fables en 1668 (Livres I à VI)

L'apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l'une le corps, l'autre l'âme. Le corps est la fable ; l'âme, la moralité. Aristote n'admet dans la fable que les animaux ; il en exclut les hommes et les plantes. Cette règle est moins de nécessité que de bienséance, puisque ni Ésope, ni Phèdre, ni aucun des fabulistes ne l'a gardée, tout au contraire de la moralité, dont aucun ne se dispense. Que s'il m'est arrivé de le faire, ce n'a été que dans les endroits où elle n'a pu entrer avec grâce, et où il est aisé au lecteur de la suppléer. On ne considère en France que ce qui plaît : c'est la grande règle, et, pour ainsi dire, la seule. Je n'ai donc pas cru que ce fût un crime de passer par-dessus les anciennes coutumes, lorsque je ne pouvais les mettre en usage sans leur faire tort. Du temps d'Ésope, la fable était contée simplement ; la moralité séparée et toujours ensuite. Phèdre est venu, qui ne s'est pas assujetti à cet ordre : il embellit la narration, et transporte quelquefois la moralité de la fin au commencement. Quand il serait nécessaire de lui trouver place, je ne manque à ce précepte que pour en observer un qui n'est pas moins important : c'est Horace qui nous le donne. Cet auteur ne veut pas qu'un écrivain s'opiniâtre contre l'incapacité de son esprit, ni contre celle de sa matière. Jamais, à ce qu'il prétend, un homme qui veut réussir n'en vient jusque-là ; il abandonne les choses dont il voit bien qu'il ne saurait rien faire de bon.