Evolution de l'espace théâtral

Pendant l'Antiquité grecque

L'espace théâtral, en forme de fer à cheval, se situe à l'extérieur sur la pente d'une colline. C'est le cas par exemple du théâtre d'Épidaure en Grèce. L'acoustique, c'est-à-dire la diffusion du son, y est formidable. Des gradins accueillent les spectateurs qui surplombent la scène. Les acteurs ont des masques pour porter leur voix et signifier le personnage qu'ils jouent dans la pièce. Les tragédiens portent des chaussures à talons hauts, appelées cothurnes, pour être bien vus de tous. Tous les comédiens sont des hommes, même pour jouer des rôles de femmes.

Pendant l'Antiquité latine

Le théâtre romain ressemble au théâtre grec mais n'est plus forcément situé à flanc de colline. Il y a un mur de scène et une immense toile pour protéger du soleil les spectateurs. Les acteurs portent toujours des masques et sont des professionnels.

Au Moyen Age

L'espace théâtral est toujours en plein air. Avec l'essor des villes et le succès des foires, des amateurs jouent sur des scènes provisoires, par exemple sur une place ou un parvis de cathédrale. Le théâtre peut aussi se jouer sur une estrade ou sur des tréteaux quelques planches posées sur des tonneaux, dans une grange ou à l'extérieur. On appelle ce théâtre transportable et démontable le « théâtre de tréteaux ». C'est de là que vient aussi l'expression « monter sur les planches ». Le public est debout, placé devant ou bien autour de la scène qui est surélevée.

Au XVIIe siècle

Le théâtre de tréteaux, monté à l'extérieur, continue d'exister avec des troupes ambulantes et des comédiens professionnels. On joue toutefois parfois à l'intérieur. A Paris les grandes troupes jouent à l'Hôtel de Bourgogne et au Théâtre du Marais, salles dites de « théâtre à l'italienne ». Là l'espace théâtral correspond à un lieu fermé. La scène équivaut à une chambre dont on aurait ôté le quatrième mur, remplacé par le rideau. Les spectateurs sont d'un côté et les comédiens de l'autre. Ces salles sont composées d'une scène, d'un parterre, de galeries et de loges. Parfois des sièges sont même installés pour les spectateurs privilégiés sur la scène. Cette particularité apparaît vers la moitié du siècle. Dans cet espace clos du théâtre à l'italienne, l'éclairage aux chandelles va avoir des conséquences sur les choix de décors, costumes et accessoires mais aussi sur la structure de la représentation.

Au XVIIIe siècle

En marge des théâtres de foire, les salles se multiplient. La salle de la Comédie Française, théâtre à l'italienne, ou salle Richelieu, est construite dans le Palais-Royal. A la moitié du XVIIIe siècle, les sièges sont supprimés sur la scène. En revanche, des sièges sont installés pour le public du parterre qui était auparavant debout.

Au XIXe siècle

La classe bourgeoise, en plein essor, apprécie le théâtre et s'y rend autant pour le divertissement que pour réaliser des affaires et entretenir des relations. Le théâtre devient de plus en plus populaire ; le nombre de salles se multiplie, même en province c'est-à-dire en dehors de Paris. Dans la capitale, les théâtres privés sur les boulevards connaissent un grand succès avec des vaudevilles.

Dans le dernier tiers du XIXe siècle, l'électricité change la donne pour la représentation, permettant un contraste plus grand entre la salle et la scène ainsi que des jeux d'éclairage. Le rôle du metteur en scène est aussi de plus en plus important.

Au XXe siècle

Le metteur en scène prend toute son importance au XXe siècle. Des festivals se créent.

Aujourd'hui

Les représentations peuvent avoir lieu aujourd'hui dans tous les espaces possibles : dans des théâtres à l'italienne, sur des théâtres de tréteaux pour des manifestations théâtrales, dans des amphithéâtres romains, dans de nouvelles salles construites en s'inspirant des amphithéâtres antiques mais avec un équipement très moderne.

Aujourd'hui la fréquentation du théâtre entre régulièrement en concurrence avec le cinéma, la télévision et internet. L'informatique est entièrement intégré dans les outils techniques utilisés pour la représentation. L'éclairage tend parfois à remplacer le décor ; la scénographie intègre également des effets sonores et des images projetées.