Comment faire une dissertation ?

Les épreuves du bac de français vous inquiètent ? Pas de panique, Copiedouble est là et vous accompagne !

 

Qu'est-ce qu'une dissertation ?

 

Une dissertation est une réflexion argumentée qui s'appuie à la fois sur du cours et sur des lectures.

 

Autrement dit, on vous demande de réfléchir à une question posée et de réutiliser vos connaissances d'élève et votre expérience de lecteur, en étant logique et en structurant votre pensée.

 

C'est l'une des trois épreuves d'écriture proposées à l'écrit du bac de français.

 

Sur quoi porte le sujet d'une dissertation ?

 

Le sujet de la dissertation porte sur l'un des objets d'étude que vous avez vus avec votre professeur de français pendant l'année.

 

Il concerne ainsi « le roman » ou « l'argumentation » ou bien « le théâtre » ou encore « la poésie ». Si vous êtes en série L, il peut concerner aussi « l'humanisme » ou bien encore « les réécritures ».

 

Il peut aussi regrouper plusieurs objets d'étude, par exemple « poésie et argumentation ». Enfin, même si c'est beaucoup plus rare, il peut également porter sur un champ d'analyse plus large comme « la littérature ».

 

Comment le sujet est-il formulé ?

 

Il y a deux types de sujet : le sujet-question et le sujet-citation.

 

Le sujet-question

 

Le sujet se présente généralement sous la forme d'une question, plus ou moins longue.

 

Exemple de sujet-question :

 

« La poésie sert-elle seulement à exprimer les sentiments personnels du poète ? ».

 

Autre exemple de sujet-question :

 

« De quelles ressources spécifiques le théâtre dispose-t-il pour représenter les conflits, les débats, les affrontements qui peuvent exister dans les rapports humains ? ».

 

Quoi qu'il en soit, cette question sera toujours suivie d'une consigne vous appelant à bien utiliser vos connaissances (donc le cours), les textes que vous avez sous les yeux le jour de l'épreuve (c'est-à-dire ceux du corpus) et votre expérience (de lecteur).

 

La consigne est du type :

 

« Vous répondrez en vous appuyant sur les textes qui vous sont proposés, ceux que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles. »

 

Le sujet-citation

 

Parfois le sujet se présente sous la forme d'une citation.

 

On vous donne donc un extrait de livre théorique ou bien la parole d'un auteur, d'un critique, d'un personnage... Il s'agit alors pour vous de commenter cette citation et de la discuter.

 

La question implicite est : « Et vous, élève et lecteur, qu'en pensez-vous ? Partagez-vous l'avis de l'auteur de cette citation ? ». D'ailleurs, souvent, on vous reformule la pensée de cette citation pour que vous compreniez bien le sujet.

 

Les consignes qui accompagnent ce sujet-citation sont les mêmes que pour un sujet-question. Il faut toujours s'appuyer « sur les textes qui vous sont proposés, ceux que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles. ».

 

Exemple de sujet-citation :

 

''Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d'un bout à l'autre...'', écrit Alphonse Daudet dans La légende de l'homme à la cervelle d'or. Vous vous demanderez pourquoi certains écrivains ont recours à la fiction pour transmettre des vérités ou des leçons. Vous répondrez en vous appuyant sur le texte d'Alphonse Daudet et sur d'autres oeuvres que vous connaissez.

 

Vous le constatez, la citation de Daudet est donnée mais elle est ensuite reformulée. Le sujet est en vérité : « Pourquoi certains écrivains ont-ils recours à la fiction pour transmettre des vérités ou des leçons ? »

 

Autre exemple de sujet-citation :

 

''Vraiment, puisqu'on crie tant sur ces fichues Lettres, je me repens bien de ne pas en avoir dit davantage !'' écrit Voltaire dans sa correspondance. Dans quelle mesure le fait de choquer permet-il aux écrivains de faire progresser les idées qu'ils défendent ? Vous appuierez votre développement organisé sur des exemples tirés du corpus, sur des textes étudiés en classe ou sur vos lectures personnelles.

 

Là encore, la citation de Voltaire sert d'entrée en matière mais elle est ensuite reformulée. Le sujet est en vérité : « Dans quelle mesure le fait de choquer permet-il aux écrivains de faire progresser les idées qu'ils défendent ? »

 

Bilan sur les sujets

 

Vous le voyez, les sujets de dissertation en vérité se ressemblent. Il s'agit de traiter une question posée sur un objet d'étude et à répondre à cette question, en s'appuyant sur le cours et sur les lectures que vous avez faites en classe ou à la maison.

 

Sur combien de points est la dissertation ?

 

L'épreuve est légèrement différente selon les séries. En séries générales (L, S, ES), la dissertation est en effet sur 16 points (et la partie « Question » est sur 4 points). En séries technologiques (STL, STG, STI2D etc), elle est sur 14 points (et la partie « Questions » est sur 6 points).

 

En dehors du nombre de points, quelle est la différence entre les séries technologiques et les séries générales ?

En séries technologiques, la dissertation est souvent formulée de manière à vous indiquer les deux parties qui constitueront le développement de votre dissertation. En résumé, on vous donne le plan !

En revanche, en séries générales, la formulation vous aide souvent un peu moins. Le plan est à trouver d'après une question générale.

Petite remarque : on attend 3 parties en séries générales tandis que 2 conviennent parfaitement en séries technologiques.

Dernière chose : votre copie sera sûrement valorisée si vous prenez le sujet de dissertation plutôt qu'un commentaire ou une écriture d'invention. En effet, le mot « dissertation » semble faire tellement peur aux élèves que peu d'entre eux se risquent à choisir cette épreuve ! L'examinateur sera donc bienveillant si vous prenez la « dissertation ». Cela ne signifie pas qu'il vous donnera forcément une bonne note mais il sera sans doute moins sévère dans ses exigences que pour un commentaire ou une écriture d'invention.

Avec de la méthode et des connaissances, la dissertation n'est pas du tout infaisable, bien au contraire. Entraînez-vous toute l'année pour bien savoir faire. Le jour du bac, ce peut être un choix payant. Pensez-y !

 

Que mettre dans une dissertation ? Comment la structurer ?

 

Quel que soit le sujet, la dissertation est toujours structurée. Elle se compose d'une introduction, d'un développement en 2 ou 3 parties (avec une transition entre chaque partie) et d'une conclusion en fin de devoir.

 

Une dissertation ne peut jamais être constituée d'1 ou 4 parties. Une seule partie signifierait un plan inexistant. L'existence de quatre parties signifierait que le plan a été mal ajusté ; il faut parvenir à réintégrer tous les éléments dans 2 ou 3 parties.

 

Faut-il faire « thèse, antithèse, synthèse » ?

 

Attention ! Le plan « thèse, antithèse, synthèse » est une caricature. De plus, selon le sujet, il peut être complètement faux !

 

En vérité, le plan dépend du sujet.

 

D'une manière générale, il existe trois sortes de plan : le plan dialectique ; le plan thématique ; le plan analytique.

 

Le plan dialectique est à faire lorsqu'il vous paraît évident que l'affirmation donnée dans le sujet est discutable. Dès que vous avez envie de dire « oui mais en fait ça dépend des cas », il faut faire ce plan dialectique. Exemple de sujet : « La poésie sert-elle seulement à exprimer les sentiments personnels du poète ? ». La réponse est évidemment : oui mais pas seulement ! Ce mot « seulement » présent dans la formulation du sujet (« La poésie sert-elle seulement à ») doit d'ailleurs vous alerter. Il appelle forcément un plan dialectique ! En résumé, son plan est constitué de 3 parties : I/ « oui, car ... » ; II/ « mais, car ... » ; III/ « en vérité la situation est à envisager un peu différemment car ... ».

 

Nous vous expliquons un peu plus loin de quoi il s'agit exactement.

 

Le plan thématique est à faire quand on ne vous demande pas de remettre en cause la citation ou l'affirmation mais seulement de la développer, selon des thèmes différents. En résumé, vous ne pouvez pas être d'un avis contraire et ce plan est constitué de 3 parties : I/ « oui, selon tel thème car ... » ; II/ « oui, selon tel thème car ... » ; III/ « oui, selon tel thème, car ... ».

 

Là encore, nous vous expliquons un peu plus loin de quoi il s'agit exactement.

 

Le plan analytique est un plan qui analyse un phénomène selon un constat effectué à la base. En résumé, ce plan sera constitué de 3 parties. Par exemple : I/ causes du phénomène observé ; II/ conséquences du phénomène observé ; III/ solutions à apporter et limites de ces solutions. Autre exemple : I/ étude détaillée du phénomène avec ses conséquences ; II/ solutions mises en place ; III/ limites de ces solutions. Ce plan analytique existe donc bel et bien mais au bac de français, il n'a pas lieu d'être. On le trouve en épreuves de français par exemple en « Culture générale et expression » pour des BTS mais pas en classes de première. Nous ne développerons donc pas ici son fonctionnement.

 

Au bac de français, le sujet de dissertation appelle un plan dialectique ou bien un plan thématique. Vous devez par conséquent apprendre à savoir faire les deux.

 

Alors, qu'est-ce qu'un « plan dialectique » ?

 

Un plan dialectique est composé de 2 parties en séries technologiques mais de 3 parties en séries générales.

 

Dans la 1ère partie, vous allez toujours dans le sens du sujet. En gros, vous dites « oui » à la question posée. Pour cela, vous vous appuyez sur 3 arguments, chacun bien développé avec un exemple. Ces 3 arguments doivent montrer que l'affirmation, formulée directement ou reformulée d'après une citation, est valable.

 

Dans la 2e partie, vous nuancez cet avis. En gros, vous dites « mais » à la question posée et vous réduisez le champ d'action de votre réponse de 1ère partie. Sans dire le contraire, vous nuancez donc votre 1ère partie. Il s'agit cette fois de trouver un ensemble de 3 nuances à apporter à la première partie. Attention ! Après avoir défendu avec force un avis, il serait incohérent de maintenant le détruire et de vouloir prouver l'inverse ! Il faut donc bien développer non pas des arguments contraires à la première partie mais montrer les faiblesses et les limites de cette première thèse. En somme, il faut montrer que les choses ne sont pas aussi simples qu'on pourrait le croire.

 

Les élèves de séries technologiques s'arrêtent là.

 

En revanche, les élèves de séries générales doivent faire la 3e partie, qui est la plus difficile : reconsidérer le sujet et tenter d'aller plus loin que le « oui, mais ». En résumé, il s'agit dans cette 3e partie de dire « en vérité la situation est à envisager un peu différemment car ... » à la question posée et aux réponses que vous avez déjà apportées. On dépasse la question « oui ou non » en modifiant légèrement l'angle d'attaque du problème. Souvent c'est l'occasion de redéfinir un genre littéraire, de s'intéresser à l'écriture et au style des auteurs.

 

EXEMPLE DE PLAN DIALECTIQUE

 

Reprenons notre sujet sur la poésie : « La poésie sert-elle seulement à exprimer les sentiments personnels du poète ? ». Le « sert-elle seulement à » invite à dire « oui mais ». Pas de doute possible : il faut faire un plan dialectique.

 

Dans la 1ère partie, on va dans le sens de la question. L'idée directrice de cette 1ère partie sera donc « La poésie sert à exprimer les sentiments personnels du poète. » Remarquez qu'on supprime le « oui » (qui n'est là que pour vous faire comprendre la méthode mais qu'on n'écrit surtout jamais!). Remarquez également qu'on supprime le « seulement » de la question. C'est fait exprès, puisqu'on se positionne clairement d'un côté : on affirme que cette idée est valable. Dans cette 1ère partie, on va donc donner des arguments et des exemples concernant la poésie lyrique, qui exprime les sentiments personnels du poète. C'est un aspect du cours de la poésie qu'on connaît bien. Les idées et les exemples ne devraient donc pas manquer.

 

Dans la 2e partie, on nuance cette position prise dans la 1e partie. La transition entre la 1ère et la 2ème partie pourrait donc être « Bien qu'elle serve souvent à exprimer les sentiments personnels du poète, la poésie ne se réduit pas à cela. » L'idée directrice de la 2ème partie serait alors : « La poésie s'adresse en fait à nous, lecteurs, pour nous faire réagir. » Dans cette 2ème partie, on va donc étudier la poésie qui n'est pas lyrique mais engagée. C'est l'autre aspect du cours de la poésie, qu'on connaît bien également. Là encore, les idées et les exemples ne devraient donc pas manquer.

 

Les élèves qui sont dans des séries technologiques peuvent s'arrêter là dans le développement. Les élèves de séries générales doivent quant à eux désormais reconsidérer le sujet en disant en résumé « en vérité la situation est à envisager un peu différemment car ... ».

 

Dans la 3e partie, on reconsidère le sujet et on modifie légèrement l'angle d'attaque du problème. Ici on dépasse donc le clivage poésie lyrique / poésie engagée et on s'interroge : si on ne peut définir la poésie ni par son aspect lyrique ni par son aspect engagé, comment la définir ? On revient alors au sujet et on le retravaille. « La poésie sert-elle seulement à ... » Mais pourquoi utiliser le verbe « servir » ? La poésie doit-elle servir à quelque chose ? N'est-elle pas plutôt un jeu ? Un nouveau regard porté sur le monde ? Des images fortes, des trouvailles de métaphores de la part du poète, des contraintes formelles de structures, etc ? L'idée directrice de cette 3e partie serait donc : « La poésie est en vérité un regard neuf posé sur le monde. » Dans cette 3ème partie, on va alors insister sur l'aspect ludique du langage poétique, sur les innovations du poète, sur ses recherches de création de nouvelles images.

 

Qu'est-ce qu'un « plan thématique » ?

 

Le plan thématique aborde différents thèmes d'un sujet global.

 

EXEMPLE DE SUJET

 

En prenant appui sur les scènes du corpus et sur d'autres pièces que vous avez pu lire, étudier ou voir, vous vous demanderez ce qu'apporte la représentation au texte théâtral.

 

CHOIX DU PLAN : IL FAUT UN PLAN THEMATIQUE

 

Pourquoi faut-il faire un plan thématique ? Tout simplement parce que le sujet n'appelle pas un débat ! Il interroge les élèves sur la représentation et pose une question : qu'apporte la représentation au texte théâtral ?

En somme, le sujet présente une affirmation. Reformulé, le sujet dit qu'une représentation apporte quelque chose au texte théâtral. Ce n'est pas discutable. Reste à savoir ce qu'est ce "quelque chose" que la représentation apporte au texte théâtral. Vous allez donc développer ce "quelque chose" en un plan thématique.

Réfléchissons. Qu'apporte le passage texte - représentation ?

On pense alors à la scène, aux comédiens, à la lumière, aux décors, aux costumes, aux accessoires, aux sons, à la musique...

 

Le plan pourrait alors être le suivant :

I/ La représentation donne corps aux personnages (avec l'étude du travail des comédiens, des costumes et des accessoires)

II/ Elle apporte une dimension visuelle et auditive (avec l'étude du décor, des lumières et des musiques)

III/ Elle crée une ambiance interactive (avec l'étude de l'évolution de l'espace théâtral et de la part active du spectateur).

 

C'est un plan thématique car il aborde différents thèmes, c'est-à-dire différents aspects de la représentation théâtrale.

 

Remarque : les sujets réclamant des plans thématiques sont beaucoup moins nombreux que les sujets exigeant des plans dialectiques.

 

Combien de pages faut-il faire pour une dissertation ?

 

La totalité de la dissertation devra représenter entre quatre et sept pages selon la taille de votre écriture. Ce qui représente, au strict minimum, une copie double entièrement écrite recto-verso. Cela vous paraît peut-être beaucoup mais faire moins est de toute façon impossible si vous traitez correctement le sujet donné, même seulement en deux parties.

 

N'oubliez pas que la présentation en paragraphes ainsi que la citation des références prennent déjà de la place ! (par « citation de référence », on entend ici : titre du livre sur lequel vous vous appuyez pour chaque idée, avec nom de l'auteur et le siècle).

 

Comment rédiger une dissertation ?

 

L'ensemble doit être entièrement rédigé. Aucun plan détaillé n'est possible. Il est donc hors de question de noter des I, II, ou a) b) c). En revanche, il convient de faire apparaître la logique du plan préparé au brouillon à l'intérieur de la dissertation par l'emploi de liens logiques du type « De plus », « Par ailleurs », « Enfin ».

 

L'exercice est scolaire : littéraire sur la réflexion et la pensée, mais pas forcément littéraire sur le style. L'important est de communiquer, de vous faire comprendre, mais de façon agréable, avec justesse, pertinence. C'est de l'argumentation. Vous ne devez pas rester dans un flou artistique, on ne vous demande surtout pas de lancer sur le papier tout ce qui vous vient à l'esprit ! Il faut donc que vous soyez efficace, pragmatique. Mais vous n'êtes pas autorisé non plus à l'être trop. Un juste équilibre est donc à trouver. Et vous devez tout rédiger.

 

« Tout rédiger » veut vraiment dire « tout » rédiger. Cela implique qu'aucun mot isolé ne peut se trouver dans votre devoir. En exagérant à peine, toutes les phrases doivent être rédigées sur le modèle « sujet + verbe + compléments ». Les tirets et les parenthèses sont également interdits. A la place des tirets, vous utiliserez des liens logiques. A la place des parenthèses, vous faites des phrases qui expliquent votre pensée.

 

Comment mettre des citations ?

 

Toutes les citations sont à noter entre guillemets. En revanche, tous les titres de livre doivent être soulignés (et non pas à mettre entre guillemets !).

 

Toutes les oeuvres et citations sont à référencer le mieux possible, avec le nom de l'auteur et la date, ou du moins le siècle.

 

 

Peut-on dire « je » ?

 

Jamais vous ne devez dire « je » dans la dissertation, même si c'est bien vous qui réfléchissez et organisez les idées, et même si le sujet précise que vous devez donner « votre » avis et vous appuyer sur des « lectures personnelles ». Ces termes sont là pour vous inviter, par convention, à réfléchir par vous-même en utilisant tous les livres que vous avez lus, même ceux qui n'étaient pas donnés par l'école. En vérité, cela ne vous autorise pas à dire « je ».

 

Il faut donc employer « nous » ou « on » et favoriser les tournures impersonnelles.

 

Comment bien présenter une dissertation ?

 

Les règles de présentation sont les mêmes pour la dissertation et le commentaire composé.

 

 

 

Cette fiche de méthode vous est offerte par Série 23 des Éditions Dominum.

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