Comment faire une conclusion pour un commentaire composé ?

 

Qu'est-ce qu'une « conclusion » ?

 

La conclusion d'un commentaire composé correspond à la toute fin de votre devoir. Visuellement, elle se distingue de la dernière partie développée, par exemple après un saut de deux lignes.

 

Que contient-elle ?

 

La conclusion d'un commentaire composé commence par « En conclusion, » ou « Pour conclure, ». Elle reprend les idées que vous avez développées dans votre commentaire, selon le plan que vous aviez annoncé et que vous avez effectivement respecté dans vos parties. C'est le « bilan ». Elle doit également montrer qu'on peut lier ce texte à d'autres textes que vous connaissez. C'est « l'ouverture ».

 

La conclusion est ainsi constituée de deux étapes : une étape de « bilan » (interne au texte étudié) et une étape d' « ouverture » (sur quelque chose d'externe au texte étudié).

 

 

Une « ouverture » ? C'est-à-dire ?

 

Cela signifie que ce texte peut être mis en lien avec d'autres choses, vous fait penser à d'autres notions que vous avez déjà étudiées par ailleurs. Un texte n'est jamais isolé. Son thème a déjà été abordé en peinture, en littérature, par d'autres auteurs, etc.

 

L'ouverture porte donc soit sur un texte du même auteur que vous avez eu l'occasion de lire, soit sur un texte d'un autre auteur mais qui exprime le même avis (ou bien au contraire l'avis strictement opposé) soit sur autre chose, par exemple une réflexion plus générale, mais qui part du texte étudié. Pour trouver une « ouverture », pensez aux autres textes vus en classe pendant l'année. Est-ce que l'un est à rapprocher du texte étudié ? Si la réponse est « oui », dites-le en expliquant très brièvement pourquoi. Si la réponse est « non », tant pis, ne faites pas d'ouverture !

 

Quels sont les pièges à éviter pour une conclusion ?

 

Premier piège à éviter : la poursuite du commentaire. Attention ! Aucune citation du texte étudié n'est à intégrer dans la conclusion ! Même si on se rend compte qu'on a oublié des procédés intéressants à relever et à analyser, l'heure n'est plus à l'étude du texte lui-même. Il s'agit seulement de faire une sorte de « bilan ».

 

Deuxième piège à éviter : le remplissage farfelu pour l'ouverture. Vous n'avez aucune idée pour la partie « ouverture » de la conclusion ? Eh bien surtout ne dites rien ! Ce n'est pas grave. Contentez-vous de faire la partie « bilan » de la conclusion et ce sera suffisant. Pour un bac de français, votre copie ne sera pas jugée sur l'ouverture finale. Il vaut mieux se taire que de faire une ouverture stupide ou déplacée, et qui pourrait gâcher tout votre devoir. En revanche, faites quand même bien une conclusion, avec un récapitulatif de vos axes.

 

Voyons deux exemples.

 

 

Exemple A (élève A) : conclusion pour un commentaire composé sur une fable de La Fontaine

 

 

L'élève A a mené un commentaire composé sur Le Savetier et le Financier, une fable de La Fontaine (XVIIe siècle) qui parle d'un artisan savetier, pauvre et de bonne humeur, et d'un financier obnubilé par l'argent puis par son sommeil. Le financier offre de l'argent au savetier pour qu'il cesse de chanter en travaillant. Le savetier alors ne dort plus et a peur qu'on le vole. Finalement, il rend au financier son argent pour retrouver son insouciance et sa joie de vivre.

Les 2 parties du commentaire de l'élève A sont :

I/ Une opposition de deux états d'esprit : l'artisan insouciant et le financier insomniaque.
II/ Un apologue réussi du XVIIe siècle : instruire et plaire.

 

Il prépare maintenant sa conclusion. Il sait ce qu'il dira pour le bilan. Il doit simplement récapituler ce qu'il a dit dans les 2 axes. Concernant « l'ouverture », il est bloqué. Aucun texte en particulier ne lui vient en tête, par rapport à ce qu'il a étudié en classe. En revanche, il se souvient avoir appris des fables de La Fontaine quand il était petit : La Cigale et la Fourmi ; Le Corbeau et le Renard. Il se dit que ce n'est peut-être pas digne d'une copie de bac de français alors il cherche à réfléchir un peu plus. Il réalise alors que les fables de La Fontaine sont diverses : certaines sont avec des animaux et très faciles à comprendre ; d'autres avec des gens et plus difficiles à saisir (comme le texte qu'il a justement étudié). Il réalise en plus que La Cigale et la Fourmi aborde précisément le même thème que le Savetier et le Financier : l'argent ! Son « ouverture » portera donc là-dessus.

 

 

        Pour conclure, dans ce texte Le Savetier et le Financier, La Fontaine se sert de deux personnages aux mentalités opposées pour mener un apologue réussi, à la fois plaisant et instructif, à propos de l'argent. Le célèbre fabuliste du XVIIe siècle sait ainsi varier les procédés sur un même thème. Dans une de ses fables les plus célèbres, La Cigale et la Fourmi, il avait déjà abordé ce sujet de l'argent, qu'on prête et qu'on emprunte, mais avec des animaux et non avec des hommes.

 

 

 

Exemple B (élève B) : conclusion pour un commentaire composé sur un texte de Montesquieu

 

 

A propos du texte « Les Caprices de la Mode » dans Lettres persanes (Montesquieu, XVIIIe siècle), l'élève B a établi le plan de commentaire composé suivant :

I/ Une lettre fictive présentée comme une lettre-témoignage, qui critique la mode chez les Français.
II/ Un regard amusé sur l'importance de la mode chez les Français et ses conséquences à l'échelle de la société entière.
III/ Un texte du XVIIIe siècle, typique de la philosophie des Lumières.

L'élève arrive maintenant à la conclusion. Il va donc faire un bilan et reprendre les axes des 3 parties qu'il a développées. Il cherche ensuite une idée pour « l'ouverture ». Il se souvient qu'en classe, il a étudié cette année un autre texte à propos de la mode. C'était un extrait des Essais de Montaigne. Le siècle est différent (16e pour Montaigne // 17e pour La Fontaine) mais le thème commun est bien la mode, qui sert de point de départ pour réfléchir à l'homme, toujours en quête de nouveauté. Comme La Fontaine, Montaigne critiquait cette idée de chercher tout le temps le changement et disait qu'elle était dangereuse. L'élève B choisit donc de mentionner ce texte de Montaigne. Il se rappelle le titre : « Des lois somptuaires ». Il va en parler dans son « ouverture » et expliquer un peu pourquoi il fait ce rapprochement entre le texte de La Fontaine et le texte de Montaigne.

 

        En conclusion, ce texte des Lettres persanes de Montesquieu offre plusieurs niveaux de lecture. Lettre fictive présentée comme lettre-témoignage, elle se moque de l'importance de la mode chez les Français et de ses excès. Ce sujet frivole permet alors une dénonciation humoristique de la société française, très hiérarchisée. L'auteur en arrive ainsi à une critique politique qui met à mal la monarchie absolue, critique typique du XVIIIe siècle et de l'esprit des Lumières. Le fait de prendre les excès de la mode comme prétexte à une réflexion sur la société n'est toutefois pas nouveau. Au seizième siècle, Montaigne, dans le livre I de ses Essais, consacrait en effet déjà un chapitre entier au même sujet. Dans « Des lois somptuaires », il développait sa pensée, partant des lois régissant le luxe et l'aspect vestimentaire des Français pour parvenir à une réflexion plus générale sur les mœurs et surtout sur le danger de l'inconstance et de la nouveauté en politique.

 

 

Vous savez désormais comment faire une conclusion pour un commentaire.
Maintenant, à vous de jouer ; entraînez-vous !