Analyser une image

ENSEMBLE DE L'IMAGE

Pour analyser une image, il faut être évidemment attentif à ce que représente l'image et observer en particulier :

  • le décor extérieur, intérieur, urbain, naturel...
  • les personnages, leur habillement, leur âge, attitude, nombre, les relations entre eux
  • les objets, leur rôle, leur place par rapport aux personnages et au reste de l'image...

La technique utilisée est également à noter : photographie, peinture (huile, gouache, acrylique pour aquarelle, crayon, encre, pastel, fusain, craie) ou dessin, collage.... ainsi que le support utilisé (toile, papier, verre, céramique, bois).

La couleur et les lumières sont à étudier, notamment le choix et la répartition des différents types de couleurs et des zones d'ombre et de lumière, ainsi que les types de couleurs (froides, chaudes ; primaires, complémentaires, vives, pâles, contrastées...).

LE CADRE DE L'IMAGE

Il convient de prendre en compte le cadre c'est-à-dire l'espace dans lequel on donne l'image à regarder. Ce cadre peut être carré, rectangulaire, ovale, rond... Il correspond à la limite externe de l'image.

Le cadrage traduit un choix artistique ; il constitue ce qu'on veut montrer. A noter que le cadre, selon qu'il est horizontal ou vertical, est perçu différemment. On s'accorde à dire qu'un cadre horizontal signifie calme et distance ; un cadre vertical : action et proximité.

Ce qui est Hors cadre est l'espace autour du cadre ; à prendre en compte également pour construire le sens de l'image. Ce hors cadre peut être un texte, un support (papier), une frise ou une autre image.

REMARQUE : dans un contexte cinématographique on utilisera plutôt le terme de champ plutôt que de cadre. Le champ est également ce qu'on voit et le Hors-champ est alors l'espace environnant, mais non vu. Ce hors-champ ou hors-cadre est intéressant car il existe : peut être imaginé et pris en compte, par des indices de l'image (regard en direction de ce hors-champ, émotions créées par ce hors-champ sur les personnages de l'image, etc). A noter que le "champ-contrechamp" ne constitue pas un angle de vue à proprement parler, mais seulement une certaine façon d'associer deux angles de vue immédiatement l'un à la suite de l'autre. Le "champ" est tout simplement une scène de vue sur une image et le "contrechamp" sera la vision immédiate du même sujet vu dans le sens diamétralement opposé (rotation de 180°).

LA COMPOSITION DE L'IMAGE

Face à une image, il faut déterminer les lignes de fuite. Ces segments de ligne droite se rejoignent en un point situé dans l'image ou hors de l'image = le point de fuite. Les lignes de fuite créent effet de perspective et de profondeur.

Les lignes de force correspondent aux diagonales, verticales, horizontales, courbes. Elles sont précisément obtenues par division de l'image en tiers (horizontaux et verticaux) = 9 cases. Les lignes de force délimitent, aux points d'intersection, les points forts = là où se porte le regard, donc ce sont des endroits idéaux où placer les éléments importants. A noter toutefois que la lecture naturelle de l'image est balayée en Z.

Mais la composition d'une image joue non seulement sur l'organisation de l'espace à l'intérieur du cadre, mais aussi l'organisation du temps. Ainsi les axes peuvent être dôtés d'une signification symbolique : l'axe vertical (spatio-temporel) découpe l'image en deux parties. La partie gauche s'associe au présent ou à un passé proche; celle de droite concerne plutôt un futur proche (le personnage qui regarde à droite regarde l'avenir : très utilisé dans les campagnes publicitaires des politiciens....). Quant à l'axe horizontal, il sépare la terre et le ciel, distinguant une zone de matérialité et une zone de spiritualité.

Toujours à propos de la composition, il convient d'être particulièrement attentif aux parties qui indiquent un équilibre ou un déséquilibre, des effets de symétrie et dissymétrie. L'aspect général de l'image est aussi à prendre en considération : mouvement statique ou dynamique.

LES PLANS CINEMATOGRAPHIQUES qu'on retrouve dans les images

Ce sont les différentes façons de présenter le sujet, vu à des distances diverses (plan d'ensemble, gros plan...) selon l'effet recherché. Le Plan général montre un vaste paysage. Le Plan d'ensemble présente un personnage qui est situé dans un décor, un environnement : c'est ce décor, qui est important. Avec le Plan de demi-ensemble, le personnage prend le pas sur le décor mais celui-ci reste très présent. On met alors l'accent sur l'action des personnages dans un décor. Dans un Plan moyen (plan-pied) le personnage est montré en entier, de la tête aux pieds. Le Plan italien cadre le personnage de la tête aux genoux. Le Plan américain, lui, le cadre de la tête à mi-cuisse. On l'appelle ainsi car c'est le plan fréquemment utilisé dans les westerns, pour bien mettre en évidence les cow-boys et leurs colts, lors des duels... A noter que le plan américain permet de bien montrer plusieurs personnages à la fois. Le Plan rapproché (plan taille) est utilisé pour cadrer le personnage de la tête à la taille, ce qui crée une certaine intimité. Lui aussi permet de présenter plusieurs personnages à la fois, notamment leurs réactions, leurs émotions sur leur visage. Les personnages peuvent alors être en action, ou échanger des propos ensemble... Le Plan rapproché poitrine (plan buste) cadre le personnage de la tête à la poitrine. C'est le plan utilisé à la télévision pour le présentateur du journal, assis derrière son bureau. Ce plan est particulièrement propice au dialogue et crée une intimité. Le Gros plan isole une partie (du décor ou du personnage) par exemple: le visage, ou un pied, une main... Pour un objet, au terme « gros plan » on préfère Plan serré. Enfin, le Très gros plan (insert) se concentre sur un détail, un élément extrêmement précis. Par exemple: un détail du visage (un œil, un doigt) ou autre (un canon de revolver, une pièce de monnaie...)

LES ANGLES DE VUE s'appliquent aussi bien à la photographie, qu'à l'art cinématographique ou même à la peinture. Dans le cas d'un angle de vue normal = frontal, le récepteur de l'image se situe au même niveau que l'élément présenté. La vue en plongée, en revanche, crée l'impression que le récepteur se situe au-dessus de l'élément présenté. Le point d'observation se situe donc plus haut que le sujet. A l'inverse, il existe la vue en contre-plongée : le récepteur se situe en-dessous de l'élément présenté. Le point d'observation se situe donc plus bas que le sujet.

INTERPRETATION DE L'IMAGE

Il faut distinguer la dénotation, c'est-à-dire la signification « objective », de type définition de dictionnaire (une rose rouge = une fleur), d'un élément, de sa connotation soit la signification « subjective » qu'on peut y ajouter, mais qui y est souvent associée (une rose rouge = la passion).

FONCTIONS DE L'IMAGE

L'image a plusieurs fonctions, notamment esthétique et émotionnelle : pour plaire, procurer une émotion esthétique (photographie en noir et blanc, peinture impressionniste) pour faire rire (caricatures, BD) ; descriptive : pour représenter fidèlement le réel (peinture réaliste : nature morte, paysage, portrait) ; narrative : pour raconter une histoire (BD) ; référentielle : pour témoigner (photo image de presse) ; explicative, ou didactique : pour faire comprendre (schémas, graphiques) ; argumentative : persuader (publicité ; caricature et dessin satirique pour dénoncer). La plupart du temps, l'image allie plusieurs fonctions différentes...

TEXTE ET IMAGE

Si un texte y est associé, il convient d'étudier ce texte (forme et contenu) : slogan, texte explicatif, texte informatif, ou poètique ; et sa relation avec l'image (le texte vient-il corroborer la portée sémantique de l'image, ou au contraire la contredire, et dans ce cas que crée ce décalage ?) ...

 

Remarque
La liste des points mentionnés n'est pas exhaustive et consitue seulement un récapitulatif des éléments incontournables à étudier. Bien entendu, le professeur pourra illustrer son propos par un ensemble d'images à présenter et à faire étudier aux élèves.